Ausschnitt aus dem Dokumentarfilm „NAZA“ (2026)

NAZA

La terre volée à cause de l'Europe au milieu de l'Arabie se défend particulièrement volontiers contre ceux qui, en partie jusqu'au jour d'aujourd'hui, survivent dans leur patrie malgré la brutalité de son occupation. Le pire de tous les États d'injustice de notre ère moderne ne se lasse pas d'inventer toujours de nouvelles méthodes, sans cesse plus cruelles, pour effacer toutes les traces des Palestiniens vivant là en toute légitimité. NAZA est un acronyme militaire utilisé par l'armée d'occupation pour indiquer le nombre de civils dont la mort est à prévoir dans la bande de Gaza par suite d'une attaque aérienne.

Produit par le quotidien britannique The Guardian , le documentaire NAZA de Yuval Abraham et Rachel Szor qui décrit la stratégie brutale du massacre de masse continu perpétré par Israël a été célébré lors de sa première à la 83e Mostra de Venise par une ovation debout durant 25 minutes, l'une des plus longues de toute l'histoire du festival. Le film décrit les prétendus « dommages collatéraux » d'une ampleur à peine imaginable à Gaza et s'appuie sur des déclarations de membres des services secrets et de soldats impliqués dans cette guerre, ainsi que sur la base de rapports des médias israéliens +972 Magazine et Sikha Mekomit et du Guardian, publiés entre 2023 et 2025.

+972 a mené pendant plus de trois ans des interviews nocturnes au climat fantomatique dramatique sur des toits de maisons à Tel-Aviv, avec 24 soldats israéliens. Tous étaient des membres de l'armée qui jouaient un rôle actif dans l'attaque brutale contraire au droit international menée contre Gaza. La plupart d'entre eux n'étaient cependant pas directement impliqués dans les combats, mais des officiers des services secrets qui, installés confortablement devant leurs écrans, coordonnaient l'exécution massive de Palestiniens dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde. Provenant majoritairement du cœur du camp libéral d'Israël, servant dans les unités les plus prestigieuses de l'armée, ils décrivaient des méthodes immondes d'intelligence artificielle servant à localiser leurs cibles, souvent des femmes et des enfants, au moyen d'écoutes téléphoniques, juste avant que la vie de tous les participants soit anéantie.

Des quartiers entiers ont été détruits, dans lesquels jusqu'à 25 % des habitants cherchaient encore protection dans leurs maisons : de façon systématique, des maisons entières dans lesquelles ne se trouvaient que des civils ainsi que des personnes qui, dans leur lutte pour la survie, faisaient la queue pour obtenir de la nourriture. Il y avait pour les habitants des lignes de mort inconnues et invisibles, dont le franchissement était puni par la mort immédiate par des tireurs cachés. Ce n'étaient en aucun cas des « crimes de guerre sporadiques commis par des soldats scélérats » : c'était, dès le début, un système de massacre de masse, dans lequel environ dix pour cent de la population totale de la bande de Gaza a péri et au moins 174 000 personnes ont été blessées, parfois lourdement.

NAZA n'est pas seulement une production du Guardian, mais aussi du producteur britannique James Wilson ainsi que du réalisateur britannique Jonathan Glazer. Ils ont tous deux fait sensation avec leur harmonie concentrationnaire terrifiante du quotidien La Zone d'intérêt en 2023 : une représentation méticuleusement belle et incomprise par beaucoup (sans surprise) de la banalité kitsch patriotique allemande qui s'étalait derrière l'extermination industrielle de millions de Juifs et de nombreuses autres personnes et qui l'intégraient dans leur routine méprisante de l'humanité comme un genre de mal nécessaire, probablement comme le « sale boulot » de l'Allemagne de l'époque, comme si une telle injustice criante n'était pas inévitable simplement et avant tout pour maintenir l'aptitude allemande à faire la guerre.

Filmplakat von „Zone Of Interest“ (2023)
Le quotidien allemand aux abords du camp de concentration dans La Zone d'intérêt (2023)

Au film du Juif britannique Glazer, tellement célébré par la presse conformiste allemande, succède maintenant un documentaire qu'il a coproduit, dont les mêmes médias ne pourront probablement rendre compte qu'en surmontant de grandes difficultés. L'ami le plus proche, le meilleur et le plus durablement souffrant de l'Allemagne, l'État juif intégré à l'Occident vertueux de façon si exemplaire par la raison d'État et par transatlantisme, est dépeint dans NAZA pour ce qu'il est, à savoir une construction méprisante de l'humanité, qui n'a jamais été un réel refuge pour les quelques survivants de l'Holocauste, mais toujours une construction étatique racialo-religieuse et un poste avancé de la suprématie blanche au Proche-Orient.

Dans les années à venir – peut-être dans une ère post-Netanyahou, si elle advient – des pans du camp libéral en Israël pourraient tenter de se distancier des crimes perpétrés à Gaza et de les imputer au gouvernement d'extrême droite.

Le magazine israélien +972 le 10 septembre 2026 à propos de l'avenir possible de l'État juif

Les soldats interrogés dans NAZA ont tous consenti à témoigner de façon anonyme, par peur de la répression étatique. Pendant qu'ils faisaient leurs déclarations et que les vies des humains à Gaza étaient abruptement supprimées en masse, la routine israélienne suivait son cours habituel, on se baignait à la plage, on dansait dans les discothèques et on consommait la bouffe des fast-food . Tout cela rappelle de façon frappante La Zone d'intérêt. Comme la vie des animaux dans les abattoirs ou celle des victimes de l'Allemagne à Auschwitz, Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau, Flossenbürg, Majdanek, Mauthausen, Ravensbrück, Sachsenhausen, Struthof et bien d'autres, le massacre restait surtout tenu à distance par l'ignorance.

Rien d'autre qu'un nettoyage ethnique basé sur la couleur de peau et l'origine

Le chancelier allemand Merz a certes reconnu le problème le 9 septembre 2026 mais a toutefois confondu le lieu

Quiconque perçoit aujourd'hui la dévastation toujours en cours dans la bande de Gaza et la destruction des fondements de la vie en Cisjordanie, au Liban et en Syrie, quiconque voit les souffrances des humains qui y mènent à peine une vie encore digne d'être vécue, quiconque entend la torture sans fin dans leurs témoignages et quiconque est conscient que l'État d'Israël fait tout ce qui est en son pouvoir pour étouffer ou discréditer les propos des victimes, empêcher même les moindres aides et faire échouer toute action en justice et toute poursuite pénale, celui-là se souviendra des commentaires répugnants et narquois proférés par des politiciens israéliens depuis des décennies, qui démontrent de tout temps une stratégie préparée de longue date et qui représente une fois encore un « sale boulot », cette fois celui du sionisme. Depuis longtemps, ce ne sont pas seulement les deux clowns racistes de l'horreur Ben-Gvir et Smotrich, ce n'est pas seulement l'argent de l'AIPAC et des autres: c'est l'idée de base, l'orientation globale de cet État et de sa caricature religieuse de toute la région.

David Andel (traduit par Laurence Geyduschek)