Pinocchio

The Day After

Combien de fois faudra-t-il encore rappeler que des partis qui se prétendent populaires poursuivent l'installation d'un monopole d'opinion archaïque et finissent inévitablement en spirale d'indignation dès lors que cette approche n'est plus souhaitée, plus entendue ou échoue, en particulier quand ils sont eux-mêmes dépassés par la droite et non par la gauche ?

Une perte de près de 20 % en Saxe-Anhalt est une gifle retentissante bien méritée, surtout pour le chancelier de Blackrock et sa politique méprisant l'humain. Elle ne sera pas la dernière, la plus violente ni la plus douloureuse et elle ne représente que le début de la fin de la CDU en tant que parti populaire, ce qu'elle ne fut en réalité jamais bien qu'elle fut parvenue à le faire croire à la population.

Le nord de la Belgique cultive une image de lui-même similaire à celle des conservateurs allemands : patriotique, attaché à sa région, compétent. La variante nord-belge de la CDU (Christen-Democratisch en Vlaams, en français : Chrétien-Démocrate et Flamand) a été depuis longtemps supplantée par l'AfD nord-belge (Nieuw-Vlaamse Alliantie, en français : Nouvelle Alliance Flamande) et est aujourd'hui menacée par la NPD nord-belge (Vlaams Belang, en français : Intérêts Flamands) ou quoi que ce soit que ce parti soit ou veuille être. Depuis l'installation du gouvernement fédéral belge sous le Flamand Bart de Wever, l'effet obtenu est de moins en moins d'État social et des impôts toujours plus élevés, surtout pour la majorité toujours plus écrasante de personnes qui ont de moins en moins de ressources financières, parmi lesquelles se trouvent majoritairement les électeurs de ces partis, qui ne veulent pas se l'avouer. Quel bonheur, quelle tromperie, quelle injustice criante !

Le présent de la Belgique et l'avenir de l'Allemagne sont ici des parents proches. Merz a maintenant prouvé qu'il représente, tout comme Scholz avant lui, les intérêts de l'OTAN expansionniste, mais pas ceux de la population. En tant que chauffe-eau instantané transatlantique, on n'a pas besoin de lui, et encore moins dans le Washington décadent de Trump, alors que la fraternité d'armes américano-européenne qui s'enlise est de toute façon irrattrapable et se révèle remarquablement inutile pour un coût insupportablement élevé. Une démocratie dans laquelle il n'y a de choix qu'entre une demi-douzaine de partis néolibéraux et inféodés à l'OTAN n'en est pas une. Et cela devient chaque jour plus évident.

La farce meurtrière ukrainienne de l'OTAN est une de ces stratégies qui ont mal tourné et retombera un jour sur ceux dont les cerveaux malades l'ont conçue. Ce serait alors non seulement la fin de la carrière des amplificateurs de bellicisme Hofreiter, Kiesewetter et Strack-Zimmermann, mais aussi celle de leurs nombreux compagnons politiques de conviction, qui semblent ne rien savoir d'autre que semer la discorde et gaspiller l'argent des contribuables pour des chimères. On leur posera la question de savoir où est passé tout l'argent du fardeau de la colossale dette intergénérationnelle, du soi-disant fonds spécial, et pourquoi il n'a pas servi à consolider notre État social plutôt que l'infrastructure de corruption de l'Ukraine.

Les dragées spéciales de Merz n'aideront pas le chef du gouvernement allemand qui échoue de manière toujours plus évidente, à moins que le fabricant n'invente une variante qui le rende invisible. Des cartes dédicacées pré-imprimées et des livres dédiés à tous ses adversaires en dehors des 10.000 parasites ostentatoires échoueront tout autant. Un exil en Ukraine, où le chancelier des affaires étrangères si généreux avec l'argent des contribuables allemands est très populaire, devrait être tout aussi exclu sans d'autres valises pleines de biffetons pour l'oligarchie ukrainienne. Ce chancelier est comme son gouvernement : grillé.

David Andel (traduit par Laurence Geyduschek)