La vérité, définitions infinies. Nous écrivons en l'an 2026. Voici les aventures de la République fédérale d'Allemagne, qui, avec ses 2 612 politiciens, est à la recherche de nouvelles interprétations, de nouvelles affirmations et de nouveaux silences. À des années-lumière de la réalité, l'Allemagne pénètre ainsi dans des abîmes qu'aucune personne raisonnable n'aurait jamais attendus.
De nos jours, plus que jamais, la liberté d'expression et la libre interprétation des faits sont confrontées à la diffusion - motivée politiquement - d'une seule forme acceptée de vérité, dont l'origine réside dans le refus d'admettre ses erreurs. Des erreurs qui pourraient nuire à la carrière, à une vision du monde, à un parti, à une coalition ou à d'autres alliances. Des erreurs qui contrediraient une conviction rigide. En conséquence, on persiste alors dans une interprétation de la vérité, et cela même lorsque la situation ne cesse d'empirer pour tous.
L'opinion, cet objet subjectif, fille de la conviction. L'opinion n'est pas la vérité et la vérité est en outre relative. Mais c'est déjà à ce stade que la plupart des représentants du peuple échouent, car leur vision des choses fait partie intégrante de leur raison d'être professionnelle et doit donc être élevée au rang de vérité. Il ne doit pas exister de vérité alternative, sinon les adversaires ne pourraient pas être définis, les mesures ne pourraient pas être imposées, les guerres ne pourraient pas être menées. Combattre pour une conception vague ou même pour une erreur doit être exclu d'emblée. La politique n'est donc pas basée sur les compétences, mais motivée par l'opinion.
Quand vous voyez ces sales gosses en Allemagne, vous comprenez pourquoi les Allemands ont déclenché tant de guerres. Et quand vous voyez les professeurs, vous comprenez pourquoi ils les ont perdues.
Extrait de Prélude pour un espion (1992) de Len Deighton, page 128
Deighton a également écrit que les Allemands sont restés fidèles à leur empereur et à leur Führer plus longtemps qu'il n'eût été bon pour eux. À bien des égards, cette obsession de l'Allemagne est difficile à comprendre. Les gouvernements d'après-guerre dirigés par la CDU des chanceliers Adenauer, Kohl et Merkel ont agi pendant 46 ans sans jamais appliquer toutes ces réformes qu'ils continuent pourtant d'exiger. La fidélité vassale transatlantique, tout aussi incapable de se réformer, persiste malgré le vent isolationniste de l'administration Trump ; chaque petit morceau de sucre jeté en pâture est accueilli avec une crainte reconnaissante . En règle générale, l'Allemagne n'apprend que lorsqu'il est trop tard, ce qui se voit également dans sa politique économique .
Il semble exclu que des phénomènes médiatiques de masse comme Hofreiter, Kiesewetter ou Strack-Zimmermann fassent preuve de discernement ou révisent les propos précédents. Ainsi, tout continue imperturbablement, bien que la direction prise puisse être fausse. Ainsi, presque invariablement, tout empire toujours, alors qu'une rétractation serait possible. Le nombre de dogmes, comme celui des tabous, ne cesse de croître, bien que le contraire soit suggéré. Nous ne sommes pas plus libres qu'avant, mais nous voulons le croire. Plus les gens partagent une opinion quelconque et la perçoivent à tort comme une vérité librement reconnue, plus la culpabilité collective est grande et plus faible est le risque que des individus soient tenus pour responsables.
Une adepte juive orthodoxe du groupe extrémiste illégal Kach est aujourd'hui l'une des pacifistes féministes israéliennes les plus renommées. Un Palestinien qui a été emprisonné pendant une décennie pour avoir construit une bombe avec des amis afin de l'utiliser contre des Israéliens, oeuvre aujourd'hui à rapprocher les jeunes palestiniens et israéliens. Un ancien colon de Cisjordanie qui soutenait le parti israélien ultra-ethnonationaliste Moledet se tient aujourd'hui aux côtés des femmes de Machsom Watch aux points de contrôle pour observer le comportement des soldats. Un Palestinien blessé passe quatre ans en prison puis fonde une organisation pour promouvoir la non-violence dans la société palestinienne.
Extrait de Connecting with the Enemy (2016) de Sheila H. Katz
En 1953, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont réussi à ruiner l'Iran démocratique. En 1979, la France a renchéri, avec Khomeiny, après que le régime d'opérette du Shah installé par l'Occident n'ait pu se maintenir au pouvoir qu'avec les bourreaux terroristes du SAVAK formés par le Mossad israélien. Tout le mal en Iran est la conséquence de l'ingérence occidentale, mais Merz admire le « sale boulot » d'Israël pour empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, alors que le régime sioniste d'extrême droite d'Israël en possède déjà des centaines, d'une portée maximale de 11 500 km. Selon Colin Powell, l'État juif dispose de plus de deux cents, selon Jimmy Carter de plus de trois cents têtes nucléaires, pour imposer ses intérêts qu'il n'a cessé d' étendre, depuis sa création en Palestine : Égypte, Iran, Irak, Yémen, Liban, Soudan, Syrie, etc. La seule Syrie a été attaquée plus de six cents fois par Israël l'année dernière.
En Amérique, il n'existe pas de presse indépendante, à moins que ce ne soit dans les petites villes de province. Vous êtes tous des esclaves. Vous le savez, et je le sais. Il n'y en a pas un parmi vous qui ose exprimer une opinion honnête. Si vous l'exprimiez, vous sauriez d'avance qu'elle ne serait jamais publiée. Je suis payé 150 dollars pour garder les opinions honnêtes hors du journal auquel je suis lié. D'autres parmi vous reçoivent des salaires similaires pour faire des choses similaires. Si je laissais des opinions honnêtes être imprimées dans une édition de mon journal, je serais comme Othello en moins de vingt-quatre heures : mon emploi aurait disparu. L'homme qui serait sot assez pour écrire des opinions honnêtes se retrouverait dans la rue à chercher un autre emploi. Le métier d'un journaliste new-yorkais est de déformer la vérité, de mentir sans vergogne, de pervertir, de vilipender, de ramper aux pieds de Mammon, et de vendre son pays et sa race pour son pain quotidien, ou pour ce qui revient au même — son salaire. Vous savez ceci, et je le sais ; et quelle folie que de porter un toast à une « presse indépendante » ! Nous sommes les outils et les vassaux des riches hommes en coulisse. Nous sommes des pantins. Ils tirent les ficelles et nous dansons. Notre temps, nos talents, nos vies, nos possibilités, tout cela est la propriété d'autres hommes. Nous sommes des prostitués intellectuels.
Le journaliste américain John Swinton le 12 avril 1883
Israël pratique par principe la stratégie de la vérité unique et est depuis lors un modèle, notamment pour l'Allemagne. Du peuple élu au surhomme, il n'y a qu'un pas, culture dominante incluse. Celui qui sort du rang en Israël est déclaré Juif antisémite, car ce qui ne doit pas être ne peut pas être. Lorsque Mordechai Vanunu osa confirmer l'existence des armes nucléaires israéliennes en 1986, il fut sévèrement puni – jusqu'à ce jour, il n'est pas autorisé à quitter le pays. Lorsque le militant pacifiste israélien Abie Nathan rencontra Yasser Arafat en 1990, pour cela, il fut puni par six mois d'emprisonnement. Même les Juifs doivent suivre certaines directives pour être compatibles avec Israël. Les parallèles avec les ennemis de l'UE Jacques Baud, Hüseyin Doğru, Alina Lipp et Thomas Roeper sont indéniables. Si seulement les vieux nazis avaient été ostracisés de la même manière ! Loin de là : ils ont fait carrière en Allemagne, notamment au sein de la CDU. L'Allemand antisémite n'existe pas encore, mais il ne devrait pas tarder à être inventé.
Je conseille aussi aux Ukrainiens de ne pas se faire d'illusions. [La Crimée] restera une partie de la Russie et ne fera jamais partie de l'Ukraine dans un avenir prévisible. […] Quoi, la Crimée est-elle un sandwich au jambon ou quelque chose que l'on peut simplement prendre et rendre ? Non, je ne le crois pas.
Alexeï Navalny en octobre 2014 à propos de l'annexion de la Crimée
Les justifications des 26 655 sanctions (au 15 août 2025) des alliés des États-Unis contre la Russie se montrent aussi crédibles que les justifications pour lesquelles il n'y a rien de comparable contre Israël ou les États-Unis d'Amérique. Israël, qui a non seulement humainement, logistiquement, politiquement et culturellement anéanti Gaza, continue de mener une existence à peine sanctionnée. Yasser Arafat a été assassiné par Israël, tout comme Marwan Barghouti est terrorisé en détention par Israël depuis des décennies ; la liste des victimes du sionisme est sans fin. Pendant ce temps, nous sommes tenus de nous indigner des prétendus attentats au poison de grenouille contre de prétendus opposants au régime russe. Il ne peut, ne doit et n'est permis d'exister qu'une seule vérité.
David Andel (traduit par Laurence Geyduschek)
